Liberté, Egalité, Fraternité...

Nous sommes tous mis à l’épreuve

La tragédie de Toulouse, après une courte période de deuil, est en train d’éveiller tous les appétits.

De Tarik Ramadan à Copé, en passant par Marine qui compte bien re-capitaliser le déficit initial de la piste d’extrême-droite. Tout ce beau monde en a fini avec les pincettes à quelques encablures d’une élection où les Français prennent plaisir à faire peur à ceux qui nous gouvernent. Chacun cherche et exploite son coupable : qui la société civile coupable de ne pas avoir fourni une cuillère en argent à la naissance de Merah, qui un islam violent et revanchard fondé sur une ouma cinquième colonne venue hirsute abreuver nos sillons de sang impur…Globe-trotter djihadiste ou Barbouze français ? La prison, l’hôpital psychiatrique, le Pakistan et l’Afghanistan dûment tamponné à la frontière, on ne sait pas si l’on est dans l’information ou la propagande tout comme pour le budget de 20 000 euros d’armes à feu d’un gars au RSA.

Nous n’aurons vraisemblablement pas de procès, pourtant nous avons besoin d’explications. Ce bouillonnement ne peut rester sans réponse, sans acte, ni leçon. Peut-on continuer ainsi indéfiniment à se plaindre des islamistes et dans le même temps légitimer l’UOIF, donner des visas ou accueillir au titre du refuge politique des prêcheurs de haine ? Peut-on, comme Tarik Ramadan le fait, considérer la banlieue de Toulouse comme une zone de guerre et lier ironiquement cette famille qui a quitté Israël pour plus de sécurité avec d’autres familles palestiniennes victimes d’une guerre sécuritaire. Conflit que le monde islamique exploite depuis le début et exporte auprès de toute personne se sentant un lien islamique, un cordon ombilical avec une matrice islamisante.

N’y a-t-il pas une responsabilité d’ouma.com aux forums de blog sauvage où se distille un antisémitisme au quotidien, une propagande relayant des photos, des films au contenu abject conçus pour faire de malheureuses victimes des muses djihadistes ? Ne nous leurrons pas : nous entendrons encore l’antienne centenaire du « plus jamais ça ». Puisque, à l’instar de Khelkal et quelques autres ou à propos des émeutes, nous n’avons rien fait pour corriger ce gouffre identitaire où semble tomber nombre de nos concitoyens. Je n’ai pas d’empathie pour ce tueur et je ne veux lui trouver aucune excuse. Ce qui m’importe, c’est que tous ceux qui doivent bénéficier d’une leçon par rapport à cet épisode sanglant le fassent et que l’on ne fasse pas comme avant table rase du passé car le gâchis est cinquantenaire.

Cinquante ans plus ou moins que la marée de l’intégration émousse les angles qui se renforcent à la faveur de tels actes de barbarie. Les arrêtes sont comme neuves à présent et il nous faut reprendre à zéro le brassage des eaux afin de polir à nouveau les rochers de la désintégration ? A force de chercher un coupable à travers l’islam ou la société civile, on dédouane le vrai coupable, Mohamed Merah. Il faut une plainte contre X ou un jugement posthume, il faut que la justice éclaircisse cette nébuleuse et qu’elle ne laisse pas matière aux conspirationistes de toutes sortes. Il faut à ce procès voir défiler Dieudonné, Zemour, Le Pen, l’imam de la mosquée où il est venu abreuver sa colère illégitime. Je veux y voir aussi le préfet et le chef des renseignements ou les journalistes imprudents qui livrent toutes les pistes sans rien trier, entre les fables et la réalité. Sans oublier Guéant, le pompier pyromane, qui verse de l’huile dès que l’occasion s’en présente, ou le fou fait roi et qui pense être un maître du jeux d’échec.

Oui, la plaie est ouverte et purulente. Si nous ne la soignons pas, elle s’infectera et c’est une issue violente qui aboutira à l’inconséquence du collectif que nous formons. Dans les prochains jours se déchaineront des passions, il y aura des passages à l’acte en représailles où pour accompagner ce tsunami qui ne laisse que désolation dans la cité ou bien le temps sera suspendu et reprendra aux prochains attentats qui ne manqueront pas d’ébranler le village mondial avec une charge émotionnelle encore plus destructrice.

Pourquoi, si nous ne faisons pas ce travail ensemble, me sentirais-je responsable ou coupable ? Si les grands et les puissants aux commandes d’un système sensé avoir été passé au karcher les cinq dernières années ne se posent même pas la question de l’impact de l’instrumentalisation dont l’identité Française a fait l’objet, pendant tout ce quinquennat. Il n’y aura même pas eu cette promesse démagogique de la discrimination positive qui serait venu compenser des débats stigmatisants tout aussi démagogiques et ne cherchant qu’à satisfaire en surface un clientélisme électoral de la droite dure.

Tout nous est toujours à charge, tout nous pousse au repli identitaire, à la parano victimaire et à la conglomération d’individus dirigés par la peur. Refuser l’escalade est mon droit, il faut une visibilité à la contestation musulmane sur les aberrations de l’islamisme et un focus sur les points positifs des quartiers, à moins de se complaire dans la stratégie de stigmatisation médiatique. Que ce soit ceux qui iront au FN ou ceux qui chercheront la sécurité dans le giron islamique, tous le feront de par la peur distillée chaque jour sournoisement ces dernières années avec des événements choc en guise de braquet de vitesse d’un corbillard qui mène la famille française dans un platane.

Comme au Rwanda ou en Yougoslavie, la préparation de la population à la question de l’épuration raciale se fait à travers les médias (je n’ose même pas écouter ce qui se dit sur les médias identitaires tant les médias commerciaux m’en donnent un aperçu palpable). C’est instaurer le décor du massacre des innocents et j’ai bien peur que le crime profite à trop de gens. A ceux qui se feront élire sur le sang des victimes, à ceux qui récupéreront la peur des musulmans pour les radicaliser et les muer en islamistes. Je n’oublie pas les victimes du barbare bien au contraire, je me bat pour qu’elles ne soient pas mortes en vain.

Qu’a travers leur mort toute la société se mobilise réellement afin de priver les fascismes de leurs source : le dépérissement du vivre ensemble. C’est en plantant ensemble de nouveaux arbres de liberté que l’on accomplira le défi humain qui consiste à transcender le genre animal et ne pas nous comporter comme dans le cadre d’une compétition à mort basée sur la solubilité de l’ADN dans la connerie. C’est bien par ce que notre époque ne connaît pas de Luther king que je me permets humblement avec mon verbe parfois pompeux de prendre la plume pour défendre une perspective qui me semble abandonnée.

Utopiste lève toi ! Demain ils seront plus forts, que tu sois juif, catho, musulman, athée, je dessine un cercle au sol où nous pouvons tous entrer et, de là, faire savoir notre Rage et notre Détermination à nous battre ensemble pour des idéaux réellement universels que nul ne saurait taxer de droits de l’homme blanc. Oui, les temps amers frappent à toutes les portes. Nous nous sentions proche des habitants d’Oslo, nous voilà encore plus proches d’eux. De Tunis au Caire, en passant par New York, le terrorisme change le monde, ne le permettons pas ou soyons les artisans de ce changement. Je parle en tant que citoyen anonyme et sans prise sur la réalité que je subis totalement actuellement. Rien dans mon existence n’a à se réformer e,t malgré mes médiocrités, je pense avoir une implication exemplaire au sein de notre société. Je ne parle pas pour représenter les musulmans. Ce que je dis s’adresse à tous sans distinction.

Je parle encore moins pour les barbus et les porteuses de burqua à qui je retourne les questions que l’on me pose. Ce n’est pas à moi de nettoyer les écuries de la république mais je veux bien y prendre ma part, à condition que vous nous rejoignez, nous, qui somment dans le militantisme du vivre ensemble. Je refuse cependant de voir mon appartenance à la Nation remise en cause à chaque trauma ou élections. Comme hier je fais le choix de la République Française et condamne avec force la bêtise du fascisme vert mais aussi du brun que je souhaite associer à cette horreur tant ils en seront les bénéficiaires. Non, je parle sans distinction et j’appelle tout mes concitoyens d’une même voix à se mobiliser pour le vivre ensemble et contre les forces néfastes qui sapent nos fondements communs. On ne doit pas accepter qu’un tel événement inspire des sourires narquois suintant le profit. Ils seront nombreux à me cracher à la gueule alors n’hésitez pas à me soutenir en partageant cette bouteille jetée sur le web.

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